Lancement officiel des Six Nations féminines 2026
Le XV de France féminin lance samedi contre l'Italie (13h25 à Grenoble) son Tournoi des Six Nations et tentera de briser le plafond de verre que représente l'Angleterre en s'appuyant sur son nouveau sélectionneur François Ratier.
En novembre, deux mois après la décevante quatrième place à la Coupe du monde, François Ratier a été nommé à la tête des Bleues, succédant ainsi au duo David Ortiz-Gaëlle Mignot en poste depuis 2023.
Le technicien de 53 ans est une référence du rugby féminin international grâce à son passage à la tête de la sélection canadienne, qu'il a emmenée jusqu'en finale de la Coupe du monde 2014.
Il a également assuré un court intérim à la tête de l'équipe masculine du Canada avant de revenir en France, en 2023, pour remporter deux titres de champion de France en 2024 et 2025 avec le Stade bordelais.
"Ça n'était pas planifié. Mais quand on entraîne des joueuses de haut niveau, entraîner pour son pays d'origine, c’est forcément dans un petit coin de sa tête", admettait-il le mois dernier lors du lancement officiel du Tournoi, à Londres, en présence des six sélectionneurs et capitaines. "C'est devenu de plus en plus concret avec l'aventure à Bordeaux, avec les lionnes du Stade bordelais."
François Ratier a pris ses fonctions en janvier et a pu découvrir son groupe lors de deux stages de quatre jours en février puis en mars avant le rassemblement commencé fin mars en amont des Six Nations.
Il ne débarque de toute façon pas dans l'inconnu puisqu'il a convoqué 11 joueuses du Stade bordelais, où il a commencé la saison sur le banc, parmi les 32 sélectionnées pour préparer la compétition.
"La dynamique est très, très bonne, il y a une nouvelle énergie. Ils savent où ils veulent aller, et je pense que ça nous donne beaucoup de confiance", déclarait le mois dernier la capitaine française Manae Feleu.
"On a confiance en ce qu'ils disent parce qu'ils savent de quoi ils parlent. Ils connaissent la direction dans laquelle ils veulent nous emmener."
"NE PAS VIVRE DANS LE PASSÉ"
La direction ? "Je veux aller vers un rugby plus précis, sans perdre ce qui est l'ADN des Françaises dans l'envie de jouer, de produire", expliquait-il au journal L'Équipe, en novembre. "J'aimerais qu'on impose un jeu, un tempo, une identité, pour ne pas être en réaction en fonction de qui on joue."
Le défi de l'équipe de France est connu si elle souhaite retrouver le chemin du titre dans le Tournoi des Six Nations, qu'elle n'a plus remporté depuis 2018 : battre l'Angleterre.
Les Bleues ont terminé deuxièmes des six dernières éditions, à chaque fois derrière les Red Roses, septuples tenantes du titre et championnes du monde en septembre dernier.
En 2025, lors de la dernière journée décisive pour l'attribution du sacre, les Tricolores s'étaient inclinées d'un point (43-42) après un début de match raté (7-31 après 24 minutes). En septembre, elles ont concédé une 17e défaite de rang face aux Anglaises en demi-finales du Mondial (35-17) malgré une prestation valeureuse.
"Il faut tirer de ces matches-là des expériences positives. Mais il ne faut pas vivre dans le passé, chaque match est différent", estime François Ratier.
"Toutes les équipes ont des faiblesses. La France a failli les battre, même en Coupe du monde. Seulement, il y a des moments de bascule dans un match et aujourd'hui, l'équipe d'Angleterre est capable de vivre ces moments de bascule positivement alors que ses adversaires, non."
Comme lors des quatre dernières éditions, la France défiera l'Angleterre à l'occasion de la cinquième et dernière journée de la compétition, le 17 mai à Bordeaux, afin de ménager le suspense sur l'issue d'une épreuve que les deux nations se partagent depuis 2016.
"Cette dernière marche (qui sépare la France de l'Angleterre) est claire : la manière de combler cet écart d'un point l'an passé repose sur les détails et la constance", a prévenu Manae Feleu. "Il ne s'agit pas seulement de se réveiller en deuxième mi-temps, mais de faire une performance sur l'ensemble des 80 minutes."
(Rédigé par Vincent Daheron, édité par Benoit Van Overstraeten)

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